Le Fort Saint-Nicolas : Quand les Marseillais se rebellent.

Si vous avez quelques millions en banque et que vous décidez, sur votre yacht monégasque, de venir faire un voyage humanitaire chez nous autres pécores marseillais, vous remarquerez qu’en arrivant dans le Vieux Port, son entrée est gardée par deux grandes bâtisses ressemblant fort à des bâtiments militaires.

« Regarde donc, chérie, les marseillais ont construit ces forts pour repousser le vil gredin envahisseur ottoman ».

Et bien Richard, t’as tout faux. T’as voulu l’impressionner par ta culture mais c’est pas en inventant des histoires que t’arriveras à tes fins.

Je m’épancherai plus longuement sur le fort Saint Jean une autre fois, mais aujourd’hui, c’est du fort Saint Nicolas dont je vais vous conter l’histoire.

En 1657, le gouverneur de Provence, le duc de Mercour, qu’on surnommera « Escroc #1 » à des fins de facilitation pour le lecteur, nomma Lazare de Vento , dit « Escroc #2 », consul de la Baume. Pour le remercier, Escroc #2 décida de « pimper » la galère du fils d’Escroc #1 aux frais de la ville en prétextant que « C’est pour défendre la ville. Source : Crois moi ».

Bon, comme vous l’imaginez, cela n’a pas trop plu aux marseillais. Déjà qu’ici, quand l’OM ne gagne pas une fois en deux matchs, l’entraineur est considéré comme l’ennemi public Numéro 1 et on est à deux doigts de ressortir la guillotine sur la place du General de Gaulle comme à la Belle Epoque, alors je vous laisse imaginer comment les marseillais ont pris la nouvelle que leur pognon allait aller directement dans de nouveaux canons chromés pour le bateau du rejeton du patron (Je parle d’Escroc #1 pour les cancres du fond de la classe qui ne suivent pas).

Alors que fait le marseillais, digne français, quand le gouvernement dépense son oseille dans des futilités?

Il aiguise sa plus belle fourche et descend dans la rue.
Encore mieux que ça, il va s’emparer de l’hôtel de ville qui sera repris par les troupes d’Escroc #1 quelques jours plus tard.

Tout ce tintamarre arriva aux oreilles du roi Louis XIV et, à l’écoute de tout ce qu’il se passait à 800 bornes au sud de Versailles, il pris une décision radicale.

Une politique sociale pour le peuple marseillais? Pas envie.
Des excuses pour avoir gaspiller l’oseille des habitants pour le rafiot du fiston? La flemme.

Non, la bonne solution, c’est de construire une énorme citadelle imprenable surplombant la ville avec des gros canons pointés directement vers celle-ci, afin que les pouilleux phocéens apprennent les bonnes manières.

Ce fort n’a donc pas été construit pour repousser l’envahisseur.
Il n’a pas été construit pour affirmer la puissance française sur les côtes méditerranéennes.

Non, il a été construit pour mettre un immense coup de pression à son propre peuple.

C’est ainsi qu’en 1660, le projet du fort Saint Nicolas naquis. Le chevalier de Clerville, ingénieur militaire de renom, hérita du projet.

La construction fut réalisée dans des temps records, en à peine 4 ans. Comme quoi, quand le gouvernement ressent une légère brise en arrière de son cou, il est capable de boucler des chantiers rapidement.

Sur la première pierre fut gravée :

« De peur que la fidèle Marseille, trop souvent en proie aux criminelles agitations de quelques séditieux ne perdît enfin la ville et le royaume ou par la fougue des plus hardis ou par une trop grande passion de la liberté et que le roi des Français voulait pourvoir par cette citadelle à la sûreté des grands et du peuple. »

Traduction : On a peur de ces malades mentaux de marseillais.

Un siècle passe et nous voilà à la Révolution. On décapite le Roi, et on traque tout ce qui s’y rattachait de près de ou de loin.

La population était contrariée et redoutait que le Fort puisse cacher des armes et munitions (Bon, après c’était un fort militaire hein, il allait pas cacher le corps cryogénisé de Michel Drucker). Ainsi, suite à divers incidents, la population marseillaise en proie à une crise économique s’en allait littéralement détruire et piller les pierres du fort en toute tranquillité.

La garnison armée qui était au fort ne fit rien, il était même encouragé aux habitants de venir se servir.

La récréation fut néanmoins sifflée au bout de 10 jours par décret.

Le Fort Saint Nicolas donnait directement sur la mer, mais fut « séparé » en deux pour y créer le Boulevard Charles Livon.

Depuis, le fort continua de servir de base militaire jusqu’en 2011, mais également de prison sous l’époque napoléonienne ainsi que pendant le Régime de Vichy. Ses geôles ont accueilli des prisonniers de prestige comme Hédi Nouira, ancien chef du gouvernement tunisien, Habib Bourguiba, futur présent de la République Turque, ou encore Jean Giono. Bon, certes c’était pas Taylor Swift, Michael Jackson et Nagui, mais quand même c’était des sacrés V.I.P pour l’époque.

Le fort connait aujourd’hui une nouvelle jeunesse grâce à une politique de rénovation, et il est estimé qu’il sera entièrement rénové pour 2027.

Ce monument, caractéristique de l’histoire mais aussi de la personnalité marseillaise, est inscrit aux Monuments Historiques depuis 1969.

Pour plus de détails, nous passons devant le Fort Saint Nicolas lors du Grand Tour, Petit Tour et Marseille Expérience.

Marseille a tant à vous offrir et regorge de trésors architecturaux, elle n’attend plus que vous pour les découvrir!

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Le Fort Saint-Nicolas : Quand les Marseillais se rebellent.

Si vous avez quelques millions en banque et que vous décidez, sur votre yacht monégasque, de venir faire un voyage humanitaire chez nous autres pécores marseillais, vous remarquerez qu’en arrivant dans le Vieux Port, son entrée est gardée par deux grandes bâtisses ressemblant fort à des bâtiments militaires.

« Regarde donc, chérie, les marseillais ont construit ces forts pour repousser le vil gredin envahisseur ottoman ».

Et bien Richard, t’as tout faux. T’as voulu l’impressionner par ta culture mais c’est pas en inventant des histoires que t’arriveras à tes fins.

Je m’épancherai plus longuement sur le fort Saint Jean une autre fois, mais aujourd’hui, c’est du fort Saint Nicolas dont je vais vous conter l’histoire.

En 1657, le gouverneur de Provence, le duc de Mercour, qu’on surnommera « Escroc #1 » à des fins de facilitation pour le lecteur, nomma Lazare de Vento , dit « Escroc #2 », consul de la Baume. Pour le remercier, Escroc #2 décida de « pimper » la galère du fils d’Escroc #1 aux frais de la ville en prétextant que « C’est pour défendre la ville. Source : Crois moi ».

Bon, comme vous l’imaginez, cela n’a pas trop plu aux marseillais. Déjà qu’ici, quand l’OM ne gagne pas une fois en deux matchs, l’entraineur est considéré comme l’ennemi public Numéro 1 et on est à deux doigts de ressortir la guillotine sur la place du General de Gaulle comme à la Belle Epoque, alors je vous laisse imaginer comment les marseillais ont pris la nouvelle que leur pognon allait aller directement dans de nouveaux canons chromés pour le bateau du rejeton du patron (Je parle d’Escroc #1 pour les cancres du fond de la classe qui ne suivent pas).

Alors que fait le marseillais, digne français, quand le gouvernement dépense son oseille dans des futilités?

Il aiguise sa plus belle fourche et descend dans la rue.
Encore mieux que ça, il va s’emparer de l’hôtel de ville qui sera repris par les troupes d’Escroc #1 quelques jours plus tard.

Tout ce tintamarre arriva aux oreilles du roi Louis XIV et, à l’écoute de tout ce qu’il se passait à 800 bornes au sud de Versailles, il pris une décision radicale.

Une politique sociale pour le peuple marseillais? Pas envie.
Des excuses pour avoir gaspiller l’oseille des habitants pour le rafiot du fiston? La flemme.

Non, la bonne solution, c’est de construire une énorme citadelle imprenable surplombant la ville avec des gros canons pointés directement vers celle-ci, afin que les pouilleux phocéens apprennent les bonnes manières.

Ce fort n’a donc pas été construit pour repousser l’envahisseur.
Il n’a pas été construit pour affirmer la puissance française sur les côtes méditerranéennes.

Non, il a été construit pour mettre un immense coup de pression à son propre peuple.

C’est ainsi qu’en 1660, le projet du fort Saint Nicolas naquis. Le chevalier de Clerville, ingénieur militaire de renom, hérita du projet.

La construction fut réalisée dans des temps records, en à peine 4 ans. Comme quoi, quand le gouvernement ressent une légère brise en arrière de son cou, il est capable de boucler des chantiers rapidement.

Sur la première pierre fut gravée :

« De peur que la fidèle Marseille, trop souvent en proie aux criminelles agitations de quelques séditieux ne perdît enfin la ville et le royaume ou par la fougue des plus hardis ou par une trop grande passion de la liberté et que le roi des Français voulait pourvoir par cette citadelle à la sûreté des grands et du peuple. »

Traduction : On a peur de ces malades mentaux de marseillais.

Un siècle passe et nous voilà à la Révolution. On décapite le Roi, et on traque tout ce qui s’y rattachait de près de ou de loin.

La population était contrariée et redoutait que le Fort puisse cacher des armes et munitions (Bon, après c’était un fort militaire hein, il allait pas cacher le corps cryogénisé de Michel Drucker). Ainsi, suite à divers incidents, la population marseillaise en proie à une crise économique s’en allait littéralement détruire et piller les pierres du fort en toute tranquillité.

La garnison armée qui était au fort ne fit rien, il était même encouragé aux habitants de venir se servir.

La récréation fut néanmoins sifflée au bout de 10 jours par décret.

Le Fort Saint Nicolas donnait directement sur la mer, mais fut « séparé » en deux pour y créer le Boulevard Charles Livon.

Depuis, le fort continua de servir de base militaire jusqu’en 2011, mais également de prison sous l’époque napoléonienne ainsi que pendant le Régime de Vichy. Ses geôles ont accueilli des prisonniers de prestige comme Hédi Nouira, ancien chef du gouvernement tunisien, Habib Bourguiba, futur présent de la République Turque, ou encore Jean Giono. Bon, certes c’était pas Taylor Swift, Michael Jackson et Nagui, mais quand même c’était des sacrés V.I.P pour l’époque.

Le fort connait aujourd’hui une nouvelle jeunesse grâce à une politique de rénovation, et il est estimé qu’il sera entièrement rénové pour 2027.

Ce monument, caractéristique de l’histoire mais aussi de la personnalité marseillaise, est inscrit aux Monuments Historiques depuis 1969.

Pour plus de détails, nous passons devant le Fort Saint Nicolas lors du Grand Tour, Petit Tour et Marseille Expérience.

Marseille a tant à vous offrir et regorge de trésors architecturaux, elle n’attend plus que vous pour les découvrir!

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